Exposition temporaire 2013

"De Tuiles en Fragments" d'Eléonore WEISS

 

De tuiles en fragments : chevauchement du savoir d’une génération à l’autre (tuilage) qui se fragmente (cf. fractales) pour assurer un renouveau par la création (renaissance).

 

« Tuiles » renvoie à l’univers artisanal, usuel, utilitaire, fragile, au travail en série de la poterie, à l’accumulation, la répétition de formes qui se ressemblent et  qui se chevauchent pour donner un ensemble qui tient grâce au soutien d’une pièce par rapport à l’autre et à la solidarité de deux parties assemblées. Elles dessinent des lignes qui se prolongent dans une même perspective continue et auxquelles s’ajoutent d’autres parallèles, c’est ensemble qu’elles sont utiles. Univers qui se fragilise, qui tente une résistance face à de nouveaux éléments qui se confrontent : l’artisanat et l’industrie. L’activité potière entre alors dans un rapport de force d’où le pot de terre éclatera en mille fragments contre le pot de fer.

 

Confrontation des modes de productions, des matériaux, des techniques, des savoirs, des savoir-faire, de l’organisation des métiers, des exigences… L’âge d’or de la poterie est mis en morceaux par la concurrente industrie. La main se heurte à la machine, le temps long de l’atelier à la rapidité de la chaîne, la quantité affronte la qualité,  les objets changent, se simplifient. Comme les tuiles, les époques se chevauchent. Parfois en porte à faux, l’une se brise sous le poids de l’autre. Un monde est mis à mal, celui de l’artisan, un autre apparaît, celui de la mécanique à grande échelle.

 

De cette transition renversant l’ordre social des modeleurs d’argile, quelle sera la réponse transmise ? La renaissance de l’art, là où on ne l’attendait plus.